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Aide alimentaire internationale

Selon les estimations de la FAO (Organisation des Nations Unies pour l’Alimentation et l’Agriculture), près de 690 millions de personnes souffrent de la faim, soit 8,9% de la population mondiale.

Aide alimentaire internationale: l’interdépendance des facteurs contribuant au cycle de la faim en Afrique

Situation alimentaire mondiale et africaine

Selon les estimations de la FAO (Organisation des Nations Unies pour l’Alimentation et l’Agriculture), près de 690 millions de personnes souffrent de la faim, soit 8,9% de la population mondiale. Si les tendances récentes se poursuivent, le nombre de personnes touchées par la faim dépasserait 840 millions d’ici à 2030, alors que l’objectif est d’éradiquer la faim dans le monde. Toujours selon la FAO, 135 millions de personnes supplémentaires risquent de souffrir d’insécurité alimentaire aiguë d’ici à la fin de l’année 2020. En Afrique centrale et en Afrique de l’ouest, où la Croix-Rouge de Belgique est active, le nombre de personnes souffrant d’insécurité alimentaire pourrait dépasser la barre des 57 millions d’ici la fin de l’année 2020[1].

Les facteurs exacerbant la faim en Afrique

Le secteur agricole est l’un des premiers touchés par les changements climatiques. Il est aussi le secteur économique numéro un de la plupart des pays africains, et emploie la majorité de la population africaine. L’effet des changements climatiques s’exprime par des irrégularités saisonnières de plus en plus marquées. Globalement, les périodes de sécheresse sont de plus en plus longues et les pluies de plus en plus diluviennes, rendant la production agricole et l’élevage de plus en plus aléatoire.

La situation pastorale est marquée par la réduction drastique de la disponibilité en pâturages naturels ainsi que par un tarissement précoce de certains points d’eau. Les réserves de nourriture constituées par les populations les plus vulnérables ne suffisent généralement plus pour nourrir correctement la famille toute au long de l’année.

Les conflits locaux ou sous régionaux sont également l’une des causes majeures de l’insécurité alimentaire. Ces conflits d’ordre religieux, politique ou communautaire sont à l’origine de nombreuses victimes mais poussent également des populations entières à fuir les exactions, provoquant l’effondrement des systèmes de production et des circuits de distribution des denrées. La détérioration de la sécurité au Burkina Faso, Mali et Nigéria a entraîné le déplacement forcé de centaines de milliers de personnes au sein de leur pays ou dans les zones frontalières. L’arrivée de ces populations déracinées représente bien souvent un fardeau pour les communautés d’accueil déjà fragiles et accroît de la sorte la vulnérabilité des ménages face à l’insécurité alimentaire.

La pandémie de COVID-19, qui a frappé la région du Sahel en pleine période de soudure, a considérablement perturbé le fonctionnement des marchés locaux et inter frontaliers. Les mesures sanitaires prises ont eu un impact majeur sur la fluidité des canaux d’écoulement et d’approvisionnement des produits et intrants agricoles. La fermeture des marchés et la restriction des déplacements d’avril à mai, a contribué à l’augmentation générale des prix des denrées alimentaires portant gravement préjudice aux moyens de subsistance des commerçants et consommateurs. En République du Congo, le prix moyen du panier alimentaire de base a augmenté de 15% tandis qu’au Rwanda, le suivi de la situation autour des camps de réfugiés a révélé que les prix des denrées alimentaires étaient en moyenne 27% plus élevés en avril 2020 qu’en 2019 [3].

De plus, en raison de la fermeture des établissements scolaires, pas moins de 300 millions d’élèves en âge d’aller à l’école primaire ont été privés des repas scolaires. Selon le Programme Alimentaire Mondial (PAM), 9 millions d’enfants[4] ne bénéficient plus de ces repas, alors qu’ils sont essentiels pour répondre à leurs besoins alimentaires et nutritionnels de base.

L’aide alimentaire internationale octroyée par les organismes humanitaires aux millions de personnes en insécurité alimentaire est cruciale durant cette période critique. Cependant, comme expliqué ci-dessus, les mesures gouvernementales limitent et retardent les déplacements et le fonctionnement des marchés. Les opérations de transferts monétaires misent en œuvre par la Croix-Rouge sont plus difficiles à organiser et parfois moins efficaces sur le terrain, compte tenu notamment d’une certaine indisponibilité de produits alimentaires sur les marchés locaux.

Les facteurs structurels limitant le développement des filières agricoles en Afrique

Ces facteurs exacerbant ne sont pas les seules causes de la faim dans le monde. De nombreux autres facteurs récurrents influencent depuis longtemps le fonctionnement des systèmes agricoles, particulièrement en Afrique sub-saharienne, contribuant largement au maintien du cycle de la faim.

Par exemple, les agriculteurs constituant en moyenne 80% des actifs des zones rurales ont encore un accès limité aux moyens de production et n’ont généralement pas droit à un crédit bancaire. Les terres de qualité et titres fonciers sont rarement disponibles pour les populations moins nanties. Les marchés locaux, nationaux et inter-frontaliers sont faiblement développés. Les marchés internationaux par contre, caractérisés notamment par l’écoulement à bas prix d’excédents agricoles ou par la dépendance aux cours mondiaux, réduisent la capacité du continent et de ses sous-régions à développer d’avantage d’autonomie et de souveraineté alimentaire. Il est paradoxal de constater que ce sont ceux qui produisent la nourriture qui bien souvent souffrent le plus de la faim dans ces pays.

D’autre part, la réalité du terrain nous démontre également que de nombreux  défis sociaux et environnementaux à travers le monde sont liés à nos façons de produire, de transformer et de consommer la nourriture. Dès lors, les systèmes agricoles à promouvoir doivent reposer sur les principes de l’agroécologie de manière à optimiser les interactions entre les végétaux, les animaux, les humains et l’environnement, sans oublier les aspects sociaux dont il convient de tenir compte pour que le système alimentaire soit durable et équitable.

Les politiques agricoles et commerciales menées dans les pays africains mais également à l’échelle internationale doivent contribuer à modifier l’évolution de ces facteurs multiples afin de favoriser le développement des filières agricoles en Afrique. Cela devrait permettre d’inverser la tendance et de réduire significativement la faim à travers le monde.

Deux cas particuliers en Afrique

Bénin

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Burundi

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